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Hamdi Meddeb : la CAF doit hausser le niveau de sa gouvernance

Dans une interview livrée à InsideWorldFootball.com par M. Hamdi Meddeb, le président de l’Espérance Sportive de Tunis (EST) est revenu sur les derniers mois de la vie du club, suite à la mascarade provoquée par le Wydad Athletic Club (WAC) après l’abandon du terrain lors de la finale de la CAF Ligue des Champions 2019 (CAF CL) en mai dernier.

Nous vous reproduisons exclusivement le contenu de l’échange tel que rapporté par le média anglophone et conduit par M. Osasu Obayiuwana.

OO: M. Meddeb, votre club a vécu sous une grosse tension depuis la finale abandonnée de la CAF CL à Rades. Qu’est-ce qui vous reste dans l’esprit sur les péripéties de cette finale?

HM: C’était une finale très mal organisée et où les responsabilités n’étaient pas claires entre la Confédération africaine de football (CAF), la Fédération tunisienne de football (FTF) et l’Espérance sur qui fait quoi.

Il n’y a eu qu’une seule réunion où les officiels de la CAF ont rencontré les responsables de la sécurité tunisiens avant le jour J.

Pour un évènement de cette envergure, il aurait dû y avoir une rencontre au moins deux semaines avant la finale entre toutes les parties prenantes afin que les choses soient mieux organisées et les responsabilités bien établies.

Si on devait hisser notre niveau vers celui de l’UEFA ou de la FIFA, il nous faut une bien meilleure organisation de ces matchs.

OO: Comment avez-vous vécu la période qui a suivi la fameuse finale du 31 mai jusqu’à la décision favorable du Comité disciplinaire de la CAF?

HM: C’était une expérience bien amère et très décevante. Nous aurions bien aimé en tant que club passer à d’autres défis après le sacre sur le terrain, à savoir se concentrer à préparer la saison prochaine et tracer les grandes lignes pour le futur plus lointain du club.

Nous souhaitons de tout cœur ne plus jamais revivre une telle expérience de nouveau.

OO: Lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée en Égypte (NDLR: c’était avant la décision du Tribunal d’arbitrage du sport (TAS), saisi par l’EST, qui a renversé la décision du comité exécutif de la CAF de soutirer le titre à l’Espérance et de refaire jouer la finale retour sur un terrain neutre – Sic! -), j’ai eu l’occasion d’échanger avec M. Ahmad, le président de la CAF, sur le sujet. Il m’avait dit, selon ses propres mots, que vous l’aviez « menacé », ce qui l’a rendu inconfortable vis-à-vis de sa propre sécurité. Vous avez d’ailleurs été sanctionné par la suite d’une amende de 20 mille dollars par le Comité disciplinaire de la CAF pour ce comportement. Qu’est-ce qui s’est passé au juste entre vous deux?

HM: Je dois admettre que j’étais très stressé à la veille d’une finale retour, jouée en pleine période de Ramadan de surcroît, dans notre propre forteresse de Rades (où l’Espérance est sensée gagner). Ce n’était pas évident.

Je trouve tout de même désolants les propos proférés par le président de la CAF à mon encontre. Je trouve même inacceptable de m’accuser de l’avoir menacé.

Quant à l’amende reçue, je trouve cela déplorable, puisque je n’en ai jamais eues de ma vie … même pas pour une place de parking en Tunisie. Je ne pense pas la mériter, mais j’espère que nos relations avec la CAF, et son président, vont s’améliorer dans le futur malgré ce malheureux épisode.

(C’est là que M. Hechmi Jilani, vice-président de l’Espérance intervient: « Lors de la consécration en CAF CL 2018, M. Ahmad n’a ni respecté le club centenaire de Bab Souika ni son président. »

OO: Pourquoi?

HJ: Aucune idée! D’ailleurs il nous avait froidement accueillis lors de la Super Coupe d’Afrique au Qatar, de surcroît uniquement lors de rencontres officielles pour l’évènement.

Sinon, nous avons également remarqué qu’aussi bien la délégation officielle de la CAF que celle du WAC ont eu droit à un meilleur service de sécurité que le nôtre lors du trajet vers le stade de Rades. Malgré ça, ils prétendent ne pas s’être sentis en sécurité; c’est insultant!)

OO: M. Meddeb, vous semblez clairement refuser la pénalité financière imposée à votre encontre par le Comité disciplinaire de la CAF. Quand est-ce qu’allez-vous faire appel contre cette décision?

HM: Je ne le ferai pas et je vais respecter la décision. Mieux encore, c’est normal que nous prenions notre part du blâme pour ce qui s’est passé lors de la finale à Rades. Par contre, il ne faut plus que ces choses là se reproduisent de nouveau.

OO: Jusqu’aux fameux événements de mai dernier, jamais une finale continentale de la Ligue des Champions n’a été terminée avec un abandon de terrain. Que ressentez-vous suite à cette expérience, qui reste tout de même très négative pour le foot africain?

HM: Ce n’est pas tant de l’image du foot africain qu’il faut parler, mais plutôt de celle de la CAF qui est le véritable enjeu dans un Evénement comme celui-là.

S’il faut faire des progrès, nous sommes prêts à y mettre les efforts nécessaires en tant que club. Par contre, la CAF a aussi l’obligation de nous orienter, de nous clarifier ses attentes. Or, la seule relation que nous avons avec la CAF se réfère aux amendes que nous recevons pour les fumigènes et feux d’artifice utilisés par nos supporters. Et jusqu’à ce jour, nous ne savons pas ce que la CAF s’attend de nous pour remédier à la situation.

Accuser le WAC ou l’EST ou n’importe quel autre club en Afrique est tout simplement erroné. En ayant la responsabilité d’organiser les compétitions inter-clubs, la CAF se doit de donner des instructions claires quant à ses attentes de la part des fédérations nationales et des clubs sur ce qui doit être fait par toutes les parties prenantes.

Si nous devions ne considérer que les aspects financiers de la CAF CL, nous ferions mieux de nous concentrer sur la Ligue des champions Arabe où les gains nets, en tenant compte des dépenses, sont beaucoup plus importants. Sauf que la CAF CL est une autre paire de manche: c’est une question de prestige.

OO: Vraiment?

(De nouveau, M. Jilani intervient: « Même si le vainqueur de la CAF CL reçoit la coquette somme de $2.5M, l’Espérance perd de l’argent en participant à cette joute.)

OO: Combien ça coûte à l’Espérance de mener une campagne gagnante en CAF CL?

– Tout d’abord, la moitié des gains revient aux membres de l’équipe en allocations et bonus contractuels. Ensuite, il faut recruter les meilleurs joueurs et cela requiert des dépenses conséquentes.

Et puis, on oublie que l’Afrique est un grand continent. Lors du dernier parcours victorieux, nous avons dû noliser des vols charters deux fois de suite pour arriver à destination. Chaque vol coûte la bagatelle de $100K. Rappelons que nous ne gagnons que $2.5M en remportant la mise.

Et par dessus tout, les seules récompenses de la CAF que nous recevons pour nos louables efforts sont des pénalités financières pour des raisons disciplinaires. Cela représente une très grande source de frustration et je ne pense pas que nous sommes le seul club en Afrique à partager ce sentiment.

Vous devez savoir que quand un club arrive en finale, il est lessivé aussi bien physiquement que mentalement. Vous jouez sur des terrains et conditions le moins qu’on puisse en dire inadaptés pour une telle joute. Et aux responsables de la CAF de nous répondre qu’il n’y a absolument rien à faire du moment que ce sont les moyens du bord.

Par contre, ce sont les mêmes représentants de la CAF qui s’offusquent des spectacles de feux d’artifice et pyrotechniques dans les stades et qui vous sanctionnent pour cela. Allez comprendre!

OO: Malgré cette frustration, vous vous êtes battus pour retenir votre trophée de champions d’Afrique ….

HM: C’est ce que tout le monde, public, supporters, et administration du club, attend de nous. Je rappelle que ce n’est pas un titre financièrement profitable pour nous.

Je voudrais toutefois revenir sur un point évoqué plus tôt, à savoir que si quelqu’un ou une entité veut critiquer l’Espérance, il sera le bienvenu pour le faire. Nous sommes bien évidemment faillibles et loin d’être parfaits, tout en étant bien disposés à apprendre et nous améliorer. Par contre, la CAF doit également hausser le niveau de sa gouvernance et pas uniquement les clubs.

OO- Je comprends que vous ne soyez pas friand des sorties médiatiques, mais en tant que président du meilleur club du continent, il est inévitable que le monde veuille vous entendre et connaître votre avis sur des sujets importants (NDLR: Lire sur le foot et le sport en général) …

HM: Il est vrai que mes sorties publiques sont assez rares et que je parle rarement aux médias. C’est une question de style personnel et puis je ne suis pas à la tête de l’Espérance pour ma propre gloire, mais plutôt pour servir le club. Ayant grandi et joué au sein des catégories de jeunes de l’Espérance, on nous a toujours appris de bien se comporter et de respecter les gens. Je suis d’ailleurs fier d’être le président d’un club qui ne harcèle pas les arbitres ni en dedans ni en dehors du rectangle vert.

Malgré les évènements lors de la fameuse finale CAF CL à Rades, les joueurs de l’Espérance sont demeurés calmes et se sont bien comportés. Il savent bien que je n’accepte aucun écart en ce sens.

Je suis donc très fier d’être à la tête de ce grand club et des accomplissements réalisés, notamment après la délicate période post-révolution en Tunisie qui était difficile. D’ailleurs, le club jouit également d’une bonne santé financière.

OO: Quelle importance donnez-vous au fait de remporter le titre continental suprême en cette année centenaire du club?

HM: Sur le plan personnel, je suis très honoré d’être le président de l’Espérance dans son année centenaire. C’est un moment spécial pour moi. Et je dois préciser que nous en avons remporté deux titres africains cette année, puisque la consécration de mai dernier est venue se joindre à celle de novembre 2018 (un record historique du football africain).

OO: Que pensez-vous du président du WAC, M. Naciri et de son comportement lors de la finale à Rades?

HM: À vrai dire, je ne l’ai rencontré que sur le terrain. Il voulait défendre les intérêts de son club. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a de grands clubs en Afrique et le WAC est certainement parmi eux, tout comme les Raja de Casablanca, Al Ahly, TP Mazembe, Mamelodi Sundowns et Orlando Pirates de l’Afrique du Sud et je dois en oublier. Nous ne pouvons leur devoir que du respect.

OO: La video assistance à l’arbitre (VAR), aussi bien à Casablanca qu’à Rades, a été le sujet de discorde central de cette finale CAF CL 2019 … Quand vous revoyez le scénario de nouveau où l’arbitrage à l’aller de Gehad Grisha a été très contesté par les Marocains (NDLR: après son recours à la VAR justement), puis le non fonctionnement de cette technologie au retour, qu’en pensez-vous au juste?

HM: En 2018, nous avons perdu 3-1 contre Al Ahly au match aller au Caire. Notre adversaire a bénéficié de deux penalties inexistantes et ce, malgré le recours de l’arbitre à la VAR. Mais il a choisi de rester sur sa position initiale.

OO: Vous ne pensez pas que les penalties étaient valides?

(M. Jilani apporte son grain de sel nouveau: « Certainement pas et malgré ça, nous avons respecté les décisions et n’avons jamais menacé de quitter le terrain. D’ailleurs, nous avons renversé la vapeur au match retour (3-0) et remporté le titre. »)

HM (continue): Je dois d’abord mentionner que nous étions les meilleurs au regard des deux matchs de la finale. Et puis concernant le sifflet de l’Égyptien Grisha à Casablanca, non seulement je trouve qu’il a bien dirigé la rencontre, mais en plus je refuse sa sanction pour mauvaise prestation.

L’Espérance ne harcèle jamais les arbitres. Ce que nous faisons par exemple, comme lors de la finale, c’est d’envoyer une lettre officielle de protestation contre la désignation de tel ou tel arbitre. Ce fut le cas contre [l’arbitre gambien Papa Bakary] Gassama au match retour, vu son antécédent négatif avec nous en demi-finale contre le TP Mazembe à Tunis. Mais quand Gassama a été confirmé, nous avons dû accepter son autorité sans nous plaindre.

D’ailleurs, ce n’est pas de la responsabilité de l’Espérance de s’assurer que la VAR fonctionne, mais plutôt c’est celle de la CAF. En tant que président du club receveur, j’étais le premier à être choqué d’apprendre dans les vestiaires que la VAR ne fonctionnait pas à cinq minutes du coup d’envoi.

La CAF doit faire face à ses responsabilités et remédier à la situation, tout en arrêtant d’accuser d’autres parties et de créer de profondes blessures.

Quant à ce qui se raconte sur le sabotage de la VAR [NDLR: Lire par l’Espérance], tout le monde sait que Hawkeye [NDLR: la société mandatée par la CAF pour gérer le matériel de la VAR] a reconnu sa responsabilité par écrit à la CAF suite à l’absence d’une pièce d’équipement ayant causé le non fonctionnement de la VAR.

Et après cela, nous sommes accusés en Tunisie d’être derrière cette mascarade? C’est tellement insensé. C’est un non-sens total!

OO- La finale retour de la CAF CL 2019 du 31 mai dernier s’est jouée un vendredi, soit 24h avant la finale de la UEFA Ligue des Champions que vous avez sûrement suivie. Veuillez SVP nous livrer une comparaison entre les deux matchs, en mettant en exergue les contrastes?

Avant de répondre à votre question, permettez-moi de revenir sur un point. Nous sommes un club sérieux et savons quand nous possédons ou pas une équipe solide capable de remporter le titre. À chaque fois que nous étions couronnés, nous étions sûrs de posséder une équipe solide pour y arriver. Il nous est aussi arrivé de perdre des finales, notamment deux lors de la dernière décennie – en 2010 et 2012 [NDLR: Respectivement contre le TP Mazembe (République Démocratique du Congo) et Al Ahly SC (Égypte)]. Nous avons aussi été éliminés en demi voire quart de finales, le football est ainsi fait.

Concernant votre question, c’est comme s’il y avait matière à comparaison. Nous parlons d’un continent qui évolue à un autre niveau que le nôtre. En Afrique, nous sommes bien loin encore au niveau de la planification, de l’assise financière et de l’organisation en Europe.

Je suis désolé de voir qu’on ne fait rien sur notre continent pour hisser notre niveau d’organisation de ce genre d’évènements. Mais malgré les défis financiers auxquels nous faisons face en Afrique, je suis persuadé que nous avons les moyens de beaucoup mieux faire que ce qui se fait aujourd’hui.

OO: Quels sentiments avez-vous face à la situation qui prévaut dans le foot africain? Aussi, vous allez au Qatar représenter le continent en Coupe du monde des clubs (CMC) … Le TP Mazembe (en décembre 2010) a été le seul club africain à avoir atteint la finale [NDLR: En 2013, le Raja CA a également atteint la finale de la CMC organisée au Maroc, certes pas comme étant le champion en titre, qui était Al Ahly SC] de cette joute (en perdant contre les Italiens de l’Inter de Milan). Pensez-vous l’Espérance capable de faire une aussi bonne performance qu’eux?

HM: Nous avons commis des erreurs par le passé dans notre préparation et notre approche mentale lors de nos participations précédentes. Nous ne comptons pas les reproduire quand nous allons partir au Qatar. Ceci dit, nous ne pouvons promettre de gagner le titre, mais nous allons faire de notre mieux …

OO: Vous avez gagné deux titres continentaux suprêmes consécutifs en moins de 12 mois. Pensez-vous pouvoir gagner un 3è titre d’affilée, ce qui représentera une première historique? (Note – Al Ahly SC d’Égypte, TP Mazembe de la RD Congo et Enyimba IFC du Nigeria sont les seuls autres clubs à avoir soulevé le titre deux fois consécutivement, mais aucun club africain n’a pu en gagner trois de suite depuis le début de la compétition en 1965.)

HM: Nous n’allons jamais avancer que nous sommes des prétendants au titre pour la troisième fois de suite cette année, car le football reste un sport incertain. Ce n’est pas une science exacte. Par contre, nous sommes conscient d’avoir une équipe solide qui va défendre ses chances jusqu’au bout.

OO: Que pensez-vous de la décision de la CAF de faire jouer la finale de Ligue des Champions en un seul match sur terrain neutre?

HM: Nous accueillons favorablement cette décision. Peut-être que cela va aider à avoir une meilleure organisation de l’évènement. J’ose croire que cela va également aider les supporters qui se déplaceront pour assister au match dans un autre pays à mieux se comporter et respecter les lois du pays hôte pour éviter les troubles.

Et puis sur un match, les joueurs sont obligés de se donner à 100%, peut-être que cela contribuera à hisser le niveau de jeu. Peut-être …

OO: Justement concernant le comportement des supporters, la perception de l’Afrique sub-saharienne est qu’une large frange des supporters de la région de l’Afrique du nord est très indisciplinée et peu respectueuse des lois. Certains utilisent même des stylos lasers (dirigés vers les arbitres et joueurs adverses), des fumigènes et d’autres sortes de subterfuges similaires, ce qui est sûrement inacceptable, n’est-ce pas?

HM: Je regrette profondément les comportements que vous venez de décrire. C’est certainement inapproprié et je ne l’accepte pas.

Mais à mon avis, cela relève de la responsabilité des officiels, qu’ils représentent les associations nationales (fédérations) ou internationales (CAF), de se doter de moyens pour bannir les fouteurs de trouble. Ces derniers non seulement donnent une mauvaise image au sport, mais aussi empêchent les fans, qui ne veulent pas être mêlés à des bagarres ou être la cibles de jets de bouteilles et de fumigènes, de venir au stade.

Mais quelle est la réponse des autorités face à cette situation? Elles imposent des sanctions et des amendes aux clubs qui n’ont rien à voir avec le sujet.

Et au supporter coupable des méfaits de dormir paisiblement chez lui, mieux, le lendemain il s’en va acheter de nouveaux fumigènes car il n’est pas puni pour son comportement inapproprié par les autorités [NDLR: Lire compétentes].

Sanctionner les clubs n’est pas la bonne réponse et si cela continue, le football africain ne se développera pas.

OO: Ma dernière question … pourquoi avez-vous accepté de me parler aujourd’hui?

HM: En fait, j’ai eu des échos sur vous et vous jouissez d’une bonne réputation journalistique en matière de football. Vous êtes honnête et vous présentez un point de vue franc, basé sur des faits. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur certains sujets avec vos positions, mais nous respectons votre approche honnête. Vous essayez de pousser le football africain vers une meilleure organisation et c’est la même direction qui nous motive.

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