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CAF Champions League : une autre approche !

L’élimination de l’Espérance de Tunis (EST) vendredi contre l’Entente de Sétif (Algérie) en CAF Champions League (CL) 2022 rappelle celle de 2017 contre Al Ahly SC (Égypte) plutôt que celle de 1999 contre le Raja CA (Maroc). Les férus Sang et Or ont tendance à toujours penser qu’il faut écraser toutes les équipes pour gagner un titre africain. C’était le cas en 1994, en 2011 et en 2019, et même en 1999.

Au club de Bab Souika, nous nous mettons tellement de pression qu’il suffit de rater une mi-temps, un pénalty ou prendre un but pour que tout s’écroule… mentalement. Nous avons cette tendance à croire qu’il faut toujours nous qualifier premiers de la phase des groupes pour gagner, même s’il nous est arrivé de passer deuxièmes et d’y arriver comme en 2018.

Or, toutes les équipes qualifiées aux demi-finales cette année ont au moins perdu un match. Al Ahly (Égypte) en a même perdu deux contre Sundowns (Afrique du Sud), qui est quant à lui maintenant éliminé de la compétition.

D’ailleurs, nous devons apprendre des Diables Rouges comment grandir au sein de la compétition et la gérer match par match et ce, malgré le fait qu’il s’agisse d’un club qui nous dépasse en budget et en organisation!

La consécration de 2018 devrait être un modèle pour nous, pas les autres. Nous avions une équipe accrocheuse qui s’est fortifiée au cours de la compétition, avec, certes, quelques joueurs talentueux et beaucoup de « grinta » pour renverser des situations difficiles. C’est aussi comme ça que le Real Madrid est entrain d’avancer en Europe cette saison.

Il faut se rendre à l’évidence que nous n’aurons jamais un effectif qui peut nous garantir la Ligue des Champions. Si cette formule existait, les clubs qui nous dépassent en budget l’auraient déjà fait. Or, ils galèrent tous dans ces compétitions, tout comme nous. L’effectif champion se forge au cours de la compétition!

Il faut aussi admettre une autre réalité, à savoir que toutes les équipes, en Tunisie ou ailleurs (sauf 2 ou 3), nous opposent une formation ultra-défensive, évoluant souvent avec un bloc bas.

Nous avons été ainsi éliminés par les clubs d’Alexandrie (Égypte), Safi (Maroc), Sétif en compétitions internationales et battus, rien que cette saison en championnat de Tunisie de Ligue 1 par Sfax (CSS), Tataouine (UST) et Hammam Lif (CSHL).

C’est pour cela que nos recrutements devraient être ciblés vers les clés qui peuvent forcer ces dispositifs défensifs: des arrières offensifs et surtout précis, des attaquants qui jouent bien de la tête, des ailiers qui ont une bonne technique, des tireurs de balles arrêtées, des tireurs de loin, sans oublier le travail collectif qui l’accompagne pour déverrouiller ces défenses en double-rideau.

Or contre l’Entente de Setif, il n’y avait rien de tout ça sur le banc, entre autres, et c’est un grand handicap. El Houni a joué derrière les attaquants parce qu’il n’y avait personne d’autre pour faire le boulot en l’absence de Bougrine, quand bien même l’option Arfaoui n’était pas à écarter.

En ce sens, il y a une petite opportunité à saisir sur quelques joueurs internationaux en soucis avec leurs clubs et qui veulent revenir en compétition avant la coupe du monde, comne les Kechrida, Draguer, Sassi, Sliti, etc.

Nous avons maintenant la chance d’avoir un coach qui connaît mieux son groupe et qui a acquis une expérience fort cher payée. Il faut capitaliser dessus et lui donner les moyens afin de pouvoir juger son travail et ses résultats dans la durée.

Sinon, l’élimination est certes amère, mais notre destin est de nous rabattre sur le championnat local pour le gagner et repartir l’année prochaine avec les mêmes ambitions. C’est aussi ce que font les Bayern Munich, Man City, Ajax, FC Barcelone… chaque saison.

Nawes Mejri

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